Lectio Divina

À l’écoute de la Parole

En préparation des célébrations de Pâques, le Seigneur nous appelle à la conversion : après un avertissement sévère la semaine dernière ( si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même), il nous offre ce dimanche l’extraordinaire parabole de l’enfant prodigue – ou plutôt le drame du « père miséricordieux » avec ses deux fils (Lc 15). La semaine prochaine, nous proclamerons l’épisode de la femme adultère (Jn 8), qui exprimera à nouveau l’offre de la miséricorde de Dieu.

Voici donc une parabole presque « trop » connue : répétée depuis le catéchisme de notre enfance, vécue intensément à quelques moments-clés de notre chemin spirituel, admirée comme un « chef d’œuvre » de la littérature universelle… Sa lumière continuera d’éclairer les hommes pécheurs de toutes les générations à venir. Elle domine la liturgie de ce dimanche en nous dévoilant la figure du Père céleste, dont la paternité humaine doit être un reflet, comme le soulignait le pape François :

« Combien de dignité et combien de tendresse dans l’attente de ce père qui se tient sur le seuil de sa maison en attendant que son fils revienne ! Les pères doivent être patients. Tant de fois, il n’y a rien d’autre à faire qu’attendre ; prier et attendre avec patience, douceur, magnanimité, miséricorde. » [1]

L’évangile : parabole du père miséricordieux (Lc 15)

Nous connaissons bien ce récit, que l’on nomme souvent « parabole de l’enfant prodigue » et nous avons tous en tête le tableau de Rembrandt, intitulé « le retour de l’enfant prodigue ». Pourtant, le titre plus exact serait : « parabole du père miséricordieux ». C’est bien le père qui est le personnage principal : « Un homme avait deux fils… » (Lc 15,11) ; la parabole se déploie sur deux panneaux successifs, le fils prodigue puis le fils aîné ; chacun de ces épisodes se termine sur les paroles aimantes du père : « Vite, apportez le plus beau vêtement… » ; « Toi, mon enfant, tu es toujours avec moi… ».

Commençons par le premier fils. Se sentant prisonnier d’un père qui doit lui transmettre de grands biens à l’avenir, il prend les devants et demande la « part de propriété qui lui échoit ». Significativement, le mot désignant la propriété (οὐσία, ousia) signifie aussi « l’essence ». Tout se passe donc comme si ce fils pensait pouvoir exister en dehors du Père, et exigeait sa part d’être indépendamment du Père. Une assez bonne définition du péché, une immense illusion aussi… Suite à cela, le Père partage son bien. Là encore le grec est plus explicite : le terme utilisé (βίος, bíos) signifie « moyens de subsistance » mais plus couramment il se traduit par « vie ». Le Père ne donne pas à chaque enfant les moyens d’une existence déconnectée de lui, il donne, bien au-delà de cela, la vie, sa propre vie.

Muni de cette vie qu’il a choisi de mener seul, que fait ce fils ? Loin de construire une demeure, d’investir et de trouver le bonheur, il disperse ce bien en plaisirs passagers, médiocres et coupables. Une manière de dire que sans Dieu l’homme disperse et se perd. La spirale du péché nous est ensuite décrite : exil intérieur (il partit pour un pays lointain) ; épuisement de ses forces (quand il eut tout dépensé) ; manque existentiel (une grande famine) ; asservissement à un maître étranger (il alla s’engager auprès d’un habitant de ce pays) ; déchéance et perte de dignité (qui l’envoya garder les porcs).

Regardons maintenant le fils aîné. L’enseignement de toute la parabole est contenu dans cette exclamation du père répétée deux fois comme conclusion solennelle : « mon fils [ton frère] que voilà était mort, et il est revenu à la vie ; il était perdu, et il est retrouvé » (vv.24.32). Le changement de fils à frère est significatif : Jésus justifie l’attitude miséricordieuse de son Père vis-à-vis des pécheurs (mon fils), il invite l’auditoire à les accueillir avec le même cœur miséricordieux (ton frère). C’est pourquoi la liturgie nous a rappelé le contexte de la parabole en ajoutant, au début de la lecture, les versets 1 à 3 : tout le récit est une réponse à une critique formulée contre l’attitude scandaleuse du Christ vis-à-vis des pécheurs.

Comme toute parabole, celle du Père miséricordieux peut revêtir une infinité de sens. Sur les lèvres de Jésus, comme l’indique l’évangile, il s’agit d’ expliquer aux scribes et pharisiens pourquoi Jésus accueille les pécheurs alors même que toutes les ordonnances mosaïques et les traditions des anciens visaient à éviter le péché et le contact avec les pécheurs. Le fils prodigue représente ces « gens peu fréquentables » que sont les publicains, les prostituées et les pécheurs en général. Jésus nous montre que Dieu le Père veut les accueillir, et que les « bien-pensants » - le fils aîné - ne doivent pas s’en scandaliser. Il dénonce leur manière de vivre « dans la maison », c'est-à-dire en obéissance à la Loi ( sans avoir jamais transgressé tes ordres), mais sans amour pour Dieu et leurs semblables, une attitude qui explique leur frustration : « jamais tu ne m’as donné un chevreau pour festoyer avec mes amis ! » (v.29).

Leur observance de la Loi et son rituel les poussent à se comporter comme des employés plus que comme des fils : le père doit leur rappeler ce qu’ils ont oublié, leur qualité de fils : « tout ce qui est à moi est à toi ». Mais que représente ce « tout » ? Seulement les biens matériels, c’est-à-dire le bonheur et la satisfaction d’une vie bien ordonnée ? Ou bien le père se désole-t-il de ne pas pouvoir partager avec le fils aîné cet amour infini, ce souci du frère prodigue qui s’est perdu loin de la maison ? Se sauver par la Loi, d’accord : mais comment ne pas se préoccuper de ceux qui sont dans l’ignorance ou l’infidélité, loin de la maison commune ? Jésus convie tous ses interlocuteurs à un banquet de réconciliation générale : dans une convivialité sincère, au-delà des jugements réciproques, et avec le Père qui les aime tous.

Cette fête sera rendue possible par le mystère pascal… Si le Père se réjouit du retour de tous les pécheurs, qui passent de la mort à la vie en recevant sa miséricorde, c’est dans la lumière de Pâques où lui-même s’est écrié avec joie : « mon Fils était mort, et il est revenu à la vie ! ». Fête de la vie éternelle que Jésus est venue inaugurer, fête à ne pas manquer par négligence ou arrogance envieuse…

Au moment de l’écriture de son évangile, Luc pensait certainement à la relation difficile entre le peuple juif, qui constituait une importante partie des nouveaux chrétiens, et les païens qui embrassaient la foi. Aux côtés de saint Paul, comme nous le montrent les Actes, il a vécu intensément cette tension de l’accueil sans condition des « gentils », résolue par le Concile de Jérusalem (Ac 15). Les judéo-chrétiens sont ici représentés par le fils aîné, resté au sein du peuple élu et pratiquant fidèlement la Loi , tandis que les païens, venant de contrées lointaines où ils vivaient dans le péché, se retrouvent dans le fils prodigue : le génie de la parabole est justement d’affirmer qu’ils sont frères d’un même Père, héritiers des mêmes promesses et qu’aucun des deux, avant la rencontre avec le Christ, n’est vraiment entré dans le dessein du Père. C’est exactement ce que décrit saint Paul :

« C'est lui [le Christ] qui est notre paix, lui qui des deux peuples n'en a fait qu'un, détruisant la barrière qui les séparait, supprimant en sa chair la haine, cette Loi des préceptes avec ses ordonnances, pour créer en sa personne les deux en un seul Homme Nouveau, faire la paix, et les réconcilier avec Dieu, tous deux en un seul Corps, par la Croix : en sa personne il a tué la Haine » (Ep 2,14-16).

Deux mille ans après, ce ne sont plus les pharisiens qui regardent de haut les pécheurs et s’offusquent du pardon de Dieu… La tentation est grande, pour les croyants fidèles, de se convertir en un fils aîné rigide et méprisant pour les « âmes perdues » qui « ne distinguent pas leur gauche de leur droite » (cf. Jon 4,11). La miséricorde du Père nous semble parfois désarmante et scandaleuse … Nous sommes souvent ce fils aîné, supérieur et ignorant de l’amour de Dieu pour les pécheurs. Mais aussi ce fils cadet, qui fait l’expérience de sa propre misère : nous sommes nous-mêmes l’enfant prodigue, éloigné de Dieu et du Christ, qui a erré dans le monde du péché et s’égare encore parfois… Cela devrait nous empêcher d’avoir la même attitude que l’aîné, décrite ainsi par saint Ambroise :

« S'il reste au-dehors, c'est que la malveillance de son âme jalouse l'exclut. Il ne peut pas entendre le chœur et la symphonie, non pas de celles qui excitent les passions au théâtre, ni le son des flûtes accordées, mais l'harmonie du peuple qui chante et fait retentir sa douce et suave allégresse de voir le pécheur sauvé. Donnez-moi un de ceux qui se croient justes, qui ne voient pas la poutre dans leur œil et ne peuvent supporter la paille du défaut d'autrui : comme il s'indigne, lorsqu'ayant avoué sa faute et longtemps imploré son pardon, quelqu'un obtient grâce ! comme ses oreilles ne peuvent supporter le concert spirituel du peuple ! Car il y a concert, lorsque dans l'église l'accord sans dissonance des âges et vertus diverses, telles des cordes variées, alterne le psaume, dit Amen. » [2]

Par ailleurs, nous sommes appelés à découvrir, comme le fils aîné et le fils prodigue, que nous sommes plus que des salariés dans la maison du père. Le cadet utilise dans la parabole le terme « μίσθιος, mistios » (salarié, mercenaire), qui exclut toute gratuité et toute relation d’amour. Le fils aîné lui, emploie le verbe « δουλεύω, douleuo » (servir, comme doulos, serviteur ou esclave), qui ne vaut guère mieux.

Le juste terme apparaît en filigrane dans la mention du serviteur que le fils aîné interroge pour connaître la raison de la fête : « appelant l’un des serviteurs » (v. 26) : παῖς, païs, enfant. Ainsi le premier fils se sent esclave, accablé par la Loi, le second est intéressé par une rémunération immédiate qui le fait chercher ailleurs. Le vrai fils, c’est celui qui est en service mais qui travaille dans la maison en se sachant aimé comme un enfant.

Ma vraie place n’est donc pas aux champs, mais dans la maison. Dieu ne me rétribue pas pour mes œuvres, elles sont si modestes, mais il me comble à cause de ma dignité de fils. L’aîné n’était pas parti physiquement, mais son cœur s’était éloigné de Dieu, son attitude n’était pas juste et il attristait aussi à sa manière le cœur du Père. Il y a plusieurs manières de ne pas être dans la maison paternelle…

Dans la vie de l’Église, la parabole s’applique à de nombreuses situations. Elle interpelle particulièrement les prêtres, appelés à être ministres de la miséricorde et auxquels le Père confie la mission de rétablir ses fils dans leur dignité. Creusons cette interprétation. Dieu choisit de passer par ses « serviteurs », les prêtres (le Père appela ses serviteurs ) ; ils ont mission de rétablir le pécheur dans sa dignité de fils par le pardon des offenses : « apportez le plus beau vêtement pour l’habiller, mettez-lui une bague au doigt » ; ils le libèrent ainsi de sa condition d’esclave : « des sandales aux pieds », privilège de l’homme libre. Enfin, ils offrent pour lui le sacrifice qui permet la fête de réconciliation : la messe. Ce n’est plus le maigre chevreau que convoitait le fils aîné à permettre la fête, mais c’est le veau gras, un animal qui n’appartient pas au registre sacrificiel mais à celui de la réjouissance, et qui représente ce que le Père possède de plus précieux…

La deuxième lecture : le ministère de la réconciliation (2Co 5)

Saint Paul se situe dans la même perspective du Père miséricordieux, en explorant le mystère de la réconciliation. Il emploie cinq fois la racine καταλλαγ- (katallag-), qui signifiait dans le grec classique un échange, par exemple lorsque deux personnes échangent des pièces qui sont de monnaies différentes mais avec la même valeur. D’où une extension métaphorique : deux hommes qui ont un différend peuvent échanger un bien et retrouver l’entente ; le terme qualifie donc une action qui permet de réconcilier les anciens ennemis.

Saint Paul applique ce concept à la théologie : l’humanité était séparée de Dieu par le péché, comme le prodigue loin de son père ; mais le Seigneur a voulu régler ce différend en envoyant son Fils unique dans le monde. Comme si le fils aîné de la parabole était allé sauver son frère cadet. Dans un texte très dense, Paul résume donc tout le mystère du Christ comme une œuvre de réconciliation des hommes avec Dieu : « Tout cela vient de Dieu : il nous a réconciliés avec lui par le Christ » (2Co 5,18). Cette œuvre du Christ est grandiose, elle accomplit une nouvelle création (une créature nouvelle, un monde nouveau…).

Paul supplie ses interlocuteurs : « laissez-vous réconcilier avec Dieu ! » (v.20). Il montre ainsi son zèle d’apôtre au service du Christ et de ses frères. Il manifeste la même sollicitude que le père de la parabole qui veut réconcilier toute sa famille, et que Jésus en quête des pécheurs pendant sa vie publique. De fait, nous pouvons discerner un parallèle entre les deux relations Père-Jésus et Jésus-Paul. En effet, Jésus met en œuvre la miséricorde du Père : « c’est bien Dieu qui, dans le Christ, réconciliait le monde avec lui » (v.19) ; mais pendant le temps de l’Église, le nôtre, ce sont les apôtres qui ont reçu cette mission : « il nous a donné le ministère de la réconciliation » (v.18). Le Christ est le Fils et l’envoyé du Père ; Paul et les apôtres sont « les ambassadeurs du Christ » (v.20). Les deux actions de réconciliation, de Jésus et de l’apôtre, sont bien articulées par le père Spicq qui résume ainsi la pensée de saint Paul :

« Le Christ est l’instrument de cette réconciliation (2Co 5,18-19), car il s’est offert en victime pour l’expiation des péchés du monde (Ro 5,10), obstacles à l’union et à la paix (cf. Heb 9,22), et Dieu qui a voulu cette offrande l’a agréée. Les a pôtres sont les agents de la katallagè, tels des ambassadeurs chargés de conclure une paix ; ils l’actualisent et la rendent possible pour un chacun et demandent d’y consentir. Leur ministère consiste à la promulguer et à la transmettre : la parole de la réconciliation (2Cor 5,20), ce qui suppose qu’une adhésion des hommes est requise pour que la réconciliation soit effective. » [3]

La première lecture : Pâque à Guilgal (Jos 5)

La première lecture, tirée du livre de Josué, n’est pas choisie pour illustrer l’évangile : elle s’inscrit dans le cycle des premières lectures des dimanches de Carême où sont rappelées les grandes étapes de l’histoire sainte d’Israël : après la profession de foi du Peuple (dimanche I), l’alliance avec Abraham (II) et la révélation du Nom à Moïse (III), nous voyons l’accomplissement des promesses avec l’entrée en Terre promise et la célébration de la Pâque. Nous sommes donc avant la période des Prophètes (Isaïe, dimanche V).

Josué, successeur de Moïse, vient de faire passer le Jourdain au peuple d’Israël après les quarante ans au désert (Jos 4) ; Dieu accomplit sa promesse de les faire entrer en terre promise, et bientôt ils vont se lancer à la conquête de Jéricho (Jos 6) et de toute la Palestine, cette « terre qui ruisselle de lait et de miel », promise par le Seigneur. Mais auparavant, nous assistons à deux rites successifs : la circoncision collective et la Pâque à Guilgal (Jos 5).

Le Seigneur se réjouit d’avoir libéré le peuple du « déshonneur de l’Egypte » (v.9) : cette expression désigne probablement le fait que les Hébreux nés dans le désert n’avaient pas circoncis (cf. Josué 5, 5) ; Josué, nouveau Moïse, y a remédié (Jos 5,2-8), pour que le peuple soit digne d’entrer en terre promise. Mais on peut aussi penser que le terme « déshonneur » renvoie au séjour en Egypte où le peuple a été contraint de vivre en terre païenne et dans la condition d’esclave.

La circoncision est signe de consécration : ainsi rétablis dans l’Alliance, ils peuvent célébrer la Pâque pour la première fois sur le sol de Terre Sainte (dans la plaine de Jéricho). L’Écriture fait mention de célébrations solennelles de la Pâque, « le quatorzième jour du mois », lors des grandes étapes de l’histoire d’Israël : la sortie d’Egypte (Ex 12) ; le passage du Jourdain (Jos 5) ; les réformes religieuses de Josias (2R 23) et d’Ezéchias (2Ch 30) ; la dédicace du nouveau Temple après le retour d’exil (Esd 6)… en attendant la Pâque définitive que Jésus célèbrera la veille de sa Passion (Mt 26), et sa perpétuation par la communauté chrétienne (1Co 11).

Le texte de Josué insiste beaucoup sur le repas : « ils mangèrent les produits de cette terre » (Jos 5,11), répété trois fois. Pourquoi cette insistance ? Parce qu’il y a un changement de « régime alimentaire » : la manne qui avait accompagné le Peuple dans le désert s’arrête à ce moment-là, et les Hébreux consomment désormais les récoltes de la terre que Dieu leur a donnée, et qu’ils n’ont pas encore travaillée. C’est donc aussi un changement de « régime de salut », le passage des promesses à leur accomplissement, de la lumière lointaine qui faisait espérer le bonheur, à la jouissance effective de cette terre quiruisselle de lait et de miel. Le Psaume célèbre ce don : « Goûtez et voyez comme est bon le Seigneur ! » (Ps 34). La Pâque de Jésus nous offrira l’Eucharistie comme nouvelle nourriture pour le temps de l’Église.

On peut alors établir un lien avec l’évangile : c’est le manque de nourriture qui provoque la conversion du fils prodigue ( moi, ici, je meurs de faim !) et le père ordonne tout de suite un festin (mangeons et festoyons), où l’on sacrifie le veau gras pour célébrer le retour ; le fils aîné refuse de participer à la nouvelle fête. Se laissera-t-il convaincre par la bonté du Père, entrer lui aussi dans sa dynamique de miséricorde, pour sortir du désert de son égoïsme, franchir le Jourdain et aller se réconcilier avec son frère ? L’enjeu est toujours le même : la vie en plénitude, celle du Peuple saint qui reçoit toute nourriture de Dieu (la manne puis les récoltes), celle du pécheur « qui était mort et qui est revenu à la vie ». Saint Ambroise reprend cette image :

« C'est justement d'ailleurs que le Fils [le Christ] nous décrit le père festoyant avec la chair du veau, victime sacerdotale que l'on offrait pour les péchés : Il a voulu montrer que la nourriture du Père, c'est notre salut, et que la joie du Père, c'est la rédemption de nos péchés. Et ici, si vous attribuez au Père que le Fils soit victime pour les péchés, le Père prend sa joie au retour du pécheur ; plus haut le Fils prend sa joie à la brebis retrouvée : vous reconnaissez ainsi que le Père et le Fils n'ont qu'une même joie, qu'une même activité pour fonder l'Église. Or le père  est joyeux de ce que son fils était perdu et s'est retrouvé, était mort et a repris vie. » [4]

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[1] Pape François, Audience générale du 4 février 2015, disponible ici .

[2] Saint Ambroise, Traité sur saint Luc, livre VII.

[3] P. Spicq, Lexique théologique du Nouveau Testament, Cerf, p. 780.

[4] Saint Ambroise, Traité sur saint Luc, livre VII.

Le retour de l'enfant prodigue